
 |
Eurospine Lunch Symposium
format Powerpoint 2010 avec
vidéos intégrées
(45 Mo)
Utiliser le
clic droit pour télécharger la cible |
|
 |
Exemple d'une séance de kinésithérapie pour une scoliose de l'adulte
traitée chirurgicalement Kiné : Jean Noël Voutey
durée : 28'02
format pdf vidéo (183 Mo)
Utiliser le
clic droit pour télécharger la cible |
|
 |
Exemple d'une séance de kinésithérapie pour une cypho-scoliose de
l'adulte traitée chirurgicalement Kiné : Jean Noël Voutey
durée 49'06
format pdf vidéo (321 Mo)
Utiliser le
clic droit pour télécharger la cible |
Traitement Orthopédique Conservateur de la
SCOLIOSE DEGENERATIVE DE L'ADULTE
Abstract
Les scolioses
thoraco-lombaires et lombaires de l’adulte peuvent évoluer après l’adolescence
ou se constituer à l’âge adulte du fait de la dégénérescence des éléments
musculo-ligamentaires paravertébraux et du disque intervertébral. On parle de
scoliose dégénérative primitive (évolution d’une scoliose idiopathique) ou « de
novo ».
Cliniquement, on
note des douleurs et un déséquilibre tridimensionnel de l’axe rachidien.
Radiologiquement on constate une dislocation rotatoire.
Le vieillissement
de la population rend cette scoliose plus fréquente.
Par assimilation à
la scoliose de l’enfant et aux instabilités lombaires, le traitement
orthopédique conservateur comporte la réalisation d’un lombostat plâtré test
fixe pendant 3 semaines puis adaptation d’une orthèse polyéthylène bivalves
emboîtées portée au moins 4 heures par jour pendant 6 mois. La kinésithérapie et
une activité physique adaptée complètent plâtre et corset. Ce traitement est
réalisé en ambulatoire sans arrêt de l’activité familiale ou professionnelle.
Nous avons étudié
tous les dossiers présentant un recul d’au moins 5 ans soit 33 scolioses
dégénératives : 30 femmes et 3 hommes. Il a été réalisé en moyenne à l’âge de 60
ans. Dans tous les cas, la douleur est améliorée, ainsi que l’axe occipital, la
flèche en T1 et la gibbosité. Dans 31 cas, l’angulation a été stabilisée.
Au vu des
résultats, les indications, initialement de seconde intention, mériteraient
d’être étendues et portées à la connaissance des médecins généralistes.
« L’expérience prouve qu’une scoliose chez un adulte peut présenter une
évolution vers une aggravation progressive. Elle se traduira par l’augmentation
de l’angulation,
de la rotation, ce qui aboutira à la dislocation rotatoire. Apparaît alors
le risque de la tendance cyphosante. »
Charles PICAULT
|

|
|
Figure 1 –
Scoliose primitive dégénérative |
Il ne faut pas
séparer totalement la scoliose de l’enfant et de l’adulte. La scoliose
idiopathique apparaît pendant la croissance et persiste toute la vie ; nous
parlerons alors à l’âge adulte de SCOLIOSE PRIMITIVE. L’évolution de ces
scolioses primitives est parfois catastrophique, chaotique et réalise une
nouvelle entité que l’on appellera SCOLIOSE DEGENERATIVE.
(figure 1)
Dans 10% des cas
selon Robin [15], la scoliose apparaît à l’âge adulte. On parlera de
scoliose de novo, ces scolioses
sont toujours dégénératives. (figure 2)
|

|
|
Figure 2 –
Scoliose « de novo »
Evolution
de 15° à 55° en 4 ans |
Globalement les
scolioses thoraciques sont peu évolutives à l’âge adulte du fait de la stabilité
assurée par la cage thoracique enraidie et de la faible hauteur discale.
Lorsqu’elles évoluent, la seule solution est chirurgicale. Ce sont les courbures
lombaires et thoraco-lombaires qui posent problème et peuvent justifier un
traitement conservateur.
Le traitement
orthopédique conservateur associant plâtre, corset et kinésithérapie n’est
classiquement pas indiqué chez ces patients âgés. Il n’existe aucune statistique
dans la littérature mondiale. Du fait de notre expérience chez l’enfant,
quelques patients nous ont été confiés soit par le chirurgien lorsque le patient
refuse la chirurgie, soit par le médecin traitant lorsque les traitements
classiques s’avèrent inefficaces. Le vieillissement de la population fait que
nous prenons en charge un nombre toujours plus important de ce type de patients.
La prévalence augmente en effet avec l’âge, Vanderpool [18] note 6 % de
scolioses après 40 ans et 10 % après 65 ans. Le sex ratio est de 2 femmes pour 1
homme.
L’aspect esthétique
n’est pas négligeable, et la chirurgie même pratiquée à l’adolescence ne résout
pas tout. Edgar [2] a montré que la représentation qu’ont les patients de leur
corps n’est pas meilleure après chirurgie durant l’adolescence. 82 % des adultes
scoliotiques non opérés sont mariés contre 60 % des scolioses opérées à
l’adolescence.
Ce congrès de
Madrid est l’occasion de faire le point sur le protocole et les résultats.
1.
FACTEURS D’AGGRAVATION D’UNE SCOLIOSE A L’AGE ADULTE
1.1
Equilibre frontal et sagittal
Le premier élément
est l'équilibre. On peut constater :
|

|
|
Figure 3 –
Déséquilibre frontal |
·
Déséquilibre de l’axe occipital dans un plan frontal avec
translation latérale des masses par rapport à la ligne de gravité. Il s’effectue
du côté de la convexité, c’est la SCOLIOSE DESAXEE. Le déplacement latéral de la
région lombo-pelvienne entraîne l’ensemble du rachis thoracique et cervical du
côté du déséquilibre du fait de la rigidité empêchant la création d’une
contre-courbure. C’est la chute ou gîte latérale. Le flanc concave et le thorax
viennent s’encastrer dans le bassin, la hanche convexe est en adduction, la
hanche concave en abduction. L’appui préférentiel s’effectue sur le membre
inférieur du côté de la convexité, l’autre membre de plaçant en légère flexion.
(figure 3)
|

|
|
Figure 4 –
Déséquilibre sagittal |
·
Déséquilibre dans un plan sagittal par rapport à la ligne
Tragus-Acromion-Trochanter-Malléoles. Le déséquilibre s’effectue toujours avec
une projection du tronc en avant. La cyphoscoliose lombaire entraîne une
réorganisation de l’équilibre à partir de la rétroversion pelvienne. Les hanches
sont en extension sous un bassin rétroversé, les fémurs sont orientés en bas et
en avant, les genoux et les chevilles compensent en flexum et en talus, le
rachis thoracique et cervical cherche à se redresser en extension dans la mesure
où les muscles le permettent. La rétroversion pelvienne est limitée par
l’arthrose de la hanche, le flexum du genou est mal supporté, le patient va
utiliser une canne. Le thorax se télescope dans le bassin au niveau de la
concavité repoussant les viscères vers le bas. Le patient respire mal, les
troubles digestifs sont fréquents et l’hyperpression abdominale favorise les
troubles sphinctériens. (figure 4)
La
perte de la lordose lombaire a de
multiples causes :
Ø
Pincement du disque qui diminue la hauteur antérieure,
Ø
Hypertrophie des articulaires postérieures et des épineuses qui
augmente la hauteur postérieure,
Ø
Perte de la force musculaire des extenseurs.
·
Dans le plan horizontal, il existe une rotation de la
ceinture scapulaire telle que le patient regarde sa concavité. le bassin est
entraîné par la scoliose lombaire. L’hémi-bassin convexe recule et la hanche se
place en rotation interne, alors que l’hémi-bassin concave avance et la hanche
se place en rotation externe.
Ce sont
essentiellement les scolioses thoracolombaire et les scolioses lombaires qui
vont être déséquilibrées. Chez le vieillard, la rigidité empêche le bassin de se
comporter comme une contre-courbure, il est au contraire entraîné par la
scoliose lombaire. La même constatation peut être faite au niveau du rachis
thoracique.
A chaque occasion
quand on examine un patient, il faudra bien prendre les mesures des flèches et
au minimum tous les cinq ans faire une radiographie de contrôle de manière à ce
que l'on puisse définir un pronostic d'évolutivité sachant que cette évolutivité
est la plupart du temps chaotique. La scoliose double majeure, bien équilibrée
et qui est plus évolutive chez l'enfant l'est moins à l'âge adulte.
1.2
Décompensation discale
Le signe le plus
caractéristique est la perte de taille qui peut parfois dépasser les 10 cm.
C’est l’altération du disque qui entraîne la perte de la lordose physiologique
et l’instabilité par détente ligamentaire.
1.3
Equilibre musculaire
Il existe une perte
de force de 2% par an après 60 ans au niveau des fibres rapides. L’endurance est
stable. Les fibres lentes sont moins altérées.
Cette perte de
force concerne essentiellement les muscles extenseurs et fessiers. Les psoas
peuvent être asymétriques dans les dislocations rotatoires. Cette perte des
muscles fessiers est très nette lorsque nous réalisons le plâtre.
1.4 Les
autres facteurs
Robin [15] sur 554
scolioses ne note pas de relation entre ostéoporose et aggravation de la
scoliose.
La grossesse
et l’allaitement ne sont pas des facteurs aggravants de la scoliose. Les
douleurs ont tendance à s’atténuer du fait de l’imprégnation hormonale. Une
scoliose lombaire ne gêne pas l’anesthésie péridurale. Il faut distinguer les
bassins inclus avec déformation
osseuse pouvant justifier une césarienne et les
bassins exclus non déformés.
L’hyperlordose en
fin de grossesse peut favoriser le dos plat, c’est pourquoi nous recommandons un
entretien musculaire quotidien de la musculature abdominale et du plancher
périnéal. Il faut veiller à limiter la surcharge pondérale.
Après
l’accouchement, cette rééducation sera intensifiée. On insistera sur l’économie
du rachis en vérifiant la façon de porter le bébé. En cas d’allaitement, le
régime sera riche en sels minéraux et en protéines.
2. LES
FORMES CLINIQUES EN FONCTION DE L’AGE
2.1 De 20 à
30 ans : La SCOLIOSE DOULOUREUSE
75 % des petites scolioses lombaires sont douloureuses, seulement 25 % en cas de
traitement orthopédique conservateur pendant l’adolescence.
On distingue plusieurs tableaux en fonction de la localisation des douleurs :
Ø
Les rachialgies diffuses avec contractures musculaires et parfois
blocages. Elles sont souvent liées à un défaut d’économie du rachis et l’arrêt
de l’activité sportive. Elles sont traitées par kinésithérapie, modification du
geste professionnel et reprise du sport.
Ø
Les lombalgies hautes thoraco-lombaires avec irradiation au niveau
des crêtes iliaques. Elles sont à rapprocher du Dérangement Intervertébral
Mineur (DIM) de Maigne et peuvent être traitées par médecine manuelle.
Ø
Les lombalgies médio-lombaires convexes. L’origine est plutôt
musculaire.
Ø
Les lombalgies médio-lombaires concaves. L’origine est plutôt
articulaire postérieure.
Ø
Les lombalgies basses lombo-sacrées. L’origine est plutôt
ligamentaire. C’est dans ce cas que le traitement orthopédique conservateur
pourrait être indiqué.
Nous n’avons aucun
patient dans cette catégorie, car les traitements médicamenteux et la
kinésithérapie soulagent les patients.
2.2 De 30 à
50 ans : La SCOLIOSE avec INSTABILITE ANTERIEURE DISCALE
Le patient constate une perte de taille parfois rapide. La ménopause avec son
syndrome trophostatique peut favoriser la décompensation. Le traitement
orthopédique conservateur est indiqué.
2.3 De 50 à
70 ans : Les lésions arthrosiques postérieures et la DISLOCATION ROTATOIRE
La dislocation rotatoire a été définie par Jean Dubousset [1] dans le
cadre de certaines malformations vertébrales congénitales ou de certaines
fibromatoses, comme une luxation latérale se combinant à une forte rotation
localisée sur 2 à 3 vertèbres. Radiologiquement, on constate une perte de
l’alignement harmonieux des corps vertébraux et/ou des épineuses.
Trammel [17] parle d’olisthesis rotatoire pour 20 % d’un groupe de 636 scolioses
d’âge moyen 23 ans.
Certaines scolioses lombaires idiopathiques de l’adulte présentent un aspect
identique et leur évolution souvent très rapide évoque un chaos vertébral. En
effet une discopathie banale et un blocage arthrosique articulaire postérieur
peuvent en quelques années déséquilibrer un rachis.
Cliniquement, Pritchett [14] constate 10 % de radiculalgies. Les douleurs basses
sacro-iliaques et coxo-fémorales traduisent la décompensation du complexe
lombo-pelvi-fémoral.
Radiologiquement, on distingue :
|

|
|
Figure 5 –
Dislocation rotatoire |
Ø
la dislocation ouverte du côté du glissement, le corps
vertébral tourne du côté de la convexité et se translate dans un plan frontal.
Dans le plan sagittal on constate une flexion du rachis. L’altération est
majeure au niveau du disque.
Ø
La dislocation fermée réalise un pincement du côté du
glissement, une translation et une bascule latérale. L’altération est majeure au
niveau des facettes articulaires (figure 5)
Le scanner peut montrer une subluxation rotatoire des articulaires postérieures
avec pincement du côté du glissement et élargissement de l’interligne du côté
opposé.
La résonance magnétique confirmera les anomalies discales et leur étendue.
Le traitement orthopédique conservateur vise à suppléer la déficience discale en
déchargeant les pressions de l’ordre de 30% et en rééquilibrant le rachis.
C’est dans cette
catégorie que nous avons le maximum de patients traités.
2.4 Plus de
70 ans : La CAMPTOCORMIE
Elle constitue une
entité à part. Les patients perdent la musculature paravertébrale postérieure et
vont s’effondrer en avant et souvent de côté. Par contre en décubitus la
réductibilité est totale. S’agissant plus d’une cyphose que d’une scoliose, nous
n’avons pas inclus ces patients dans notre étude
3. LE
TRAITEMENT ORTHOPEDIQUE CONSERVATEUR
Le traitement
orthopédique lyonnais des scolioses de l'adulte s'adresse aux scolioses
lombaires ou thoraco-lombaires primitives ou dégénératives de l'adulte et/ou
avec instabilité douloureuse, éventuellement opérées.
Il s'agit d'une
protection du disque et d’une rééquilibration tridimensionnelle du rachis.
Le protocole
comporte la réalisation d’un corset plâtré réducteur porté au minimum 3
semaines, puis adaptation d’une orthèse polyéthylène bivalves emboîtées qui sera
portée au moins 4 heures par jour.
3.1
PRINCIPES
Ø
Le corset plâtré précède toujours la réalisation de l’orthèse.
Physiologiquement, le fluage obtenu permet un réajustement de la longueur des
ligaments indispensable à la stabilité future. Il permet d’apprécier la part
mécanique des douleurs et la tolérance physique et psychologique du patient à ce
type de traitement.
Ø
La décharge est assurée par le "pince-taille" latéral dans le plan
frontal, alors que le plan sagittal est libre pour éviter toute hyperpression
abdominale.
Ø
La rééquilibration est obtenue par un moulage en légère
suspension, dans une position la plus proche de la ligne de gravité sans
chercher à corriger la scoliose, mais en donnant la priorité à l’aplomb
occipital. Seule une orthèse rigide permet de relordoser le rachis lombaire,
c’est pourquoi nous ne parlerons pas des lombostats élastiques qui sont par
ailleurs mal tolérés du fait de la pression abdominale.
Le caractère
actif de l'orthèse est procuré par la rigidité du matériau qui diminue la
pression cutanée en auto-élongation axiale active. Le corset fournit un point
d'appui au niveau de la ceinture pelvienne pour faciliter l’auto-grandissement.
3.2
OBJECTIFS
3.2.1
Antalgie
Elle est obtenue
par :
- un massage local
cutané,
- une décharge
discale lombaire,
- une
rééquilibration rachidienne dans le plan frontal et le plan sagittal,
- une limitation
des amplitudes extrêmes.
3.2.2 Outil
de remusculation
L'orthèse rigide
sollicite la musculature en auto-élongation axiale active. D'une façon globale,
elle facilite la rééducation. La kinésithérapie associée est indispensable.
3.2.3
Esthétique.
L’orthèse permet de
remodeler le pince-taille. On peut également symétriser la silhouette pour les
déformations les plus importantes par un coussin de mousse dans la concavité.
3.2.4
Economie du rachis
Le verrouillage
rachidien réalisé automatiquement par l'orthèse facilite l'automatisation de la
triple flexion et le renforcement de la musculature des membres inférieurs.
On constate
également une meilleure mobilité des ceintures scapulaires et pelviennes.
3.3
Réalisation du traitement
Le traitement est
totalement ambulatoire.
Une hospitalisation
de jour est nécessaire pour la réalisation du corset plâtré, l'orthèse sera
réalisée et contrôlée en consultation.
3.3.1
REDUCTION PLATRE
Un corset plâtré
réducteur est mis en place pour trois semaines, habituellement en période
douloureuse. Il permet d'apprécier les résultats ; une antalgie satisfaisante
devant être obtenue au bout de 10 jours avec poursuite d'une activité normale et
en supprimant tous les médicaments antalgiques.
|

|
|
Figure 6 –
Réalisation du lombostat plâtré |
Le plâtre est
réalisé en position debout. Une mentonnière stabilise la tête. Les mains sont
croisées derrière la nuque pour lordoser au maximum et récupérer la
projection du tronc en avant. On modèle soigneusement les crêtes iliaques en
demandant au patient une extension de la ceinture scapulaire pour réaliser une
décharge en "sablier". Il faut éviter la projection du tronc en avant en
conservant une verticalité de l'axe tragus-acromion-trochanter-malléoles. Dans
le plan frontal, et contrairement à la scoliose lombaire de l’enfant, on ne
cherche pas à corriger la scoliose, mais le déséquilibre de l’axe occipital.
La découpe doit
permettre une flexion des hanches à 90°. Un feutrage soigneux améliore la
tolérance et la stabilité. La fenêtre postérieure n’est pas indispensable, nous
préférons faire une fenêtre antérieure plus large. (figure 6)
Il est inutile de
réaliser une radiographie de contrôle sous plâtre, l’appréciation du résultat
est clinique.
Le plâtre est fixe
non bivalvé. Dans notre esprit, il doit réajuster les tensions ligamentaires.
Par ailleurs l’hospitalisation étant de 2 heures environ pour la réalisation du
plâtre, nous sommes surs de la compliance.
Nous demandons au
patient de mener une vie normale avec le plâtre.
3.3.2 ORTHESE
Ø
Elle est réalisée après moulage orienté, immédiatement après
l’ablation du plâtre. Le moulage est réalisé exactement comme le plâtre
réducteur en lordose, en cherchant à marquer soigneusement la crête iliaque
concave pour l’appareilleur et en rééquilibrant les aplombs.
|

|
|
Figure 7 –
Orthèse polyéthylène bivalves emboîtées |
Ø
L’ouverture est antéro-latérale pour éviter toute mobilité au
niveau vertébral.
Ø
La hauteur antérieure est variable en fonction du siège, de la
douleur et de la projection du tronc en avant : appui sterno-claviculaire (au
dessus de la poitrine) pour la forte projection du tronc en avant de type
camptocormie. Dans les autres cas, l’appui est habituellement chondro-costal
remontant parfois au niveau xyphoïdien.
Ø
Au niveau postérieur, l’appui sacré est haut, car l’on cherche à
antéverser le bassin, en général S2. L’appui thoracique se situe en T7, sous la
pointe des omoplates qu’il va stimuler dans le sens de l’extension. Comme nous
l’avons vu pour le plâtre, l’appui postérieur haut peut être asymétrique, plus
haut du côté de la convexité pour rééquilibrer frontalement le rachis.
Ø
L'orthèse de contention bivalve emboîtée est réalisée en
polyéthylène de 3 mm avec double épaisseur latérale du fait du chevauchement
pour une meilleure décharge et contention latérale. Lorsqu’un appui
sterno-claviculaire est nécessaire chez un patient âgé, on peut utiliser alors
un polyéthylène basse densité qui améliore la tolérance et permet une fermeture
antérieure. Le plexidur plus épais et plus rigide, n’est plus utilisé à l’âge
adulte. (figure 7)
L'orthèse est
portée au minimum 4 h par jour et l'ablation est systématique pour la nuit.
Un premier contrôle
est effectué 6 mois après la livraison de l'orthèse, puis à deux ans, à 5 ans
puis tous les 5 ans.
3.3.3
KINESITHERAPIE
L’idéal est
d’intervenir lorsque le rachis commence à se déséquilibrer ou à devenir
douloureux, ce qui traduit une instabilité. La progression thérapeutique est
habituelle :
3.3.3.1 OBJECTIFS
Les objectifs sont
:
- soulager la
douleur,
- éviter l'atrophie
musculaire et au contraire stimuler la musculation paravertébrale,
- favoriser
l'assouplissement en auto-élongation axiale active,
- corriger les
déséquilibres statiques,
- développer les
compensations au niveau des membres inférieurs et supérieurs,
- stimuler les
mécanismes d'équilibration du rachis.
3.3.3.2 REEDUCATION
SOUS PLATRE
1° semaine
La rééducation doit
aller dans le sens de l’antalgie et est réalisée en position couchée par des
tractions douces, et un travail par irradiation des pelvi-trochantériens. On
contrôle la respiration du fait de la limitation abdominale et l’on corrige les
défauts de la respiration thoracique en insistant sur l’expiration avec
sollicitation des abdominaux en course interne.
2° semaine
La rééducation est
assouplissante au niveau de l’angle ilio-lombaire, elle permet un modelage de la
gibbosité, un allongement axial en position assise. Le plâtre sera souvent
refeutré.
3° semaine
La rééducation est
plus globale, plus générale, plus tonique, plus soutenue. On utilisera les bras
de levier des ceintures scapulaire et pelvienne. Les séances sont réalisées
debout.
3.3.3.3 REEDUCATION
SOUS CORSET
On déterminera tout
d’abord le sens sagittal du travail musculaire, habituellement en lordose pour
les scolioses lombaires et thoracolombaires.
On retrouvera pour
chaque séance la progression en décubitus, en position assise, puis en position
debout.
Voici quelques
exemples d’exercices de base.
3.3.3.3.1
ESQUIVE DE LA GIBBOSITE
Après avoir
recentré le rachis par rapport à la verticale dans le plan sagittal et dans le
plan frontal, on demande au patient d’esquiver l’appui orthétique au niveau de
la gibbosité et l’on contrôle manuellement le mouvement. On évite de tonifier le
trapèze souvent déjà contracturé.
3.3.3.3.2
MISE EN TENSION SAGITTALE DES CEINTURES
On réalise une mise
en tension des ceintures en assouplissant la musculature de la chaîne
postérieure tout en évitant l’hyperextension de la nuque. A l’occasion de cet
exercice, on insiste sur le travail respiratoire.
3.3.3.3.3
AUTOGRANDISSEMENT
Il peut être
réalisé en position assise en utilisant un système proprioceptif fixé sur une
toise. Un contrôle sonore et lumineux avertit le patient. En fin d’exercice, on
place entre la tête et la toise un coussin réalisant une stimulation
proprioceptive, et l’on complète l’autograndissement par une irradiation des
membres supérieurs.
3.3.3.3.4
MEMORISATION DE LA POSTURE
L’exercice peut
être plus global avec développement des compensations au niveau des membres
inférieurs. La position de départ est genoux fléchis en auto-élongation axiale
du rachis, les membres supérieurs prennent appui sur l’espalier. On demande au
patient de se relever vers une position de « grand porter ». On développe ainsi
le quadriceps qui sera le muscle clef de l’économie du rachis.
3.3.3.3.5
RENFORCEMENT DES MUSCLES FAIBLES : QUADRICEPS, ABDOMINAUX
Le travail pourra
être débuté en décubitus. Le verrouillage lombaire est assuré par le corset. Ce
travail isométrique s’associe à une mise en tension de la chaîne postérieure et
à une expiration. On complète cet exercice par une stabilisation de la ceinture
scapulaire avec un bâton et un contrôle de la rotation de la hanche par un
ballon entre les genoux. La sollicitation des obliques est obtenue par une
poussée statique latérale. En abaissant progressivement les membres inférieurs,
on sollicite également le droit antérieur. La musculation sera isométrique en
contracter-relacher au niveau de la chaîne antérieure.
3.3.3.3.6
ETIREMENT DES MUSCLES FORTS : ISCHIOS, PELVI-TROCHANTERIENS
On commence par le
carrefour lombo-pelvi-fémoral avec étirement du triceps et des ischios-jambiers
sur verrouillage lombaire contrôlé. On étire également le psoas et le droit
antérieur. On peut solliciter la chaîne antérieure par des poussées sur le
bassin.
Les fessiers et le
grand dorsal sont sollicités en procubitus, en insistant sur le contrôle de la
lordose cervicale. En position assise, on étire la chaîne antérieure en réglant
la coxo-fémorale.
Le stretching
unilatéral pourra également être contrôlé à domicile sur une marche d’escalier.
L’exercice à la barre permet également un étirement global.
3.3.3.3.7
REEDUCATION PROPRIOCEPTIVE
Sur ballon de
Kleinvogelbach, on effectue un transfert du poids du corps dans tous les plans,
en insistant sur le relâchement du tonus et le contrôle de la respiration. On
augmente le caractère tonique par les changements de posture, de couché à debout
et par l’adjonction de charges. A ces exercices d’étirement locaux, on adjoindra
un travail proprioceptif global afin de préparer l’ablation du corset.
3.3.3.4
REEDUCATION SANS CORSET
La rééducation sera
effectuée sans corset dès que la phase précédente est parfaitement contrôlée.
Les tensions
musculaires seront levées par le massage réflexe.
Nous insistons sur
l’exercice de crochetage des spinaux. Le trait réflexe descend sur le carré des
lombes qu’il sépare en deux parties, libérant l’iliaque de la cage thoracique.
On descend en avant vers les obliques et le psoas.
La position sera
adaptée en fonction de l’origine des douleurs :
·
en cas de discopathie, la rééducation sera effectuée en lordose
physiologique, plutôt en position debout.
·
En cas de surmenage des articulaires postérieures, la rééducation
sera réalisée en lordose corrigée en position couchée, jambes fléchies ou en
position assise.
·
En cas de syndrome mixte, la rééducation sera réalisée en
auto-élongation axiale active ou en décoaptation globale sur table d’inversion.
·
On réalisera en alternance une rééducation à base d’étirements de
la chaîne postérieure et une rééducation musclante posturale et globale.
Les quadriceps sont
à travailler en dynamique. Les spinaux sont travaillés en isométrique
excentrique ou concentrique selon l’évolutivité de la scoliose : excentrique en
cas de stabilité et de douleurs, concentrique en cas d’aggravation.
Les abdominaux
doivent toujours être contractés en synergie avec les muscles périnéaux pour
éviter l’incontinence.
Le modelage manuel
de la gibbosité est effectué en procubitus avec un coussin sous le thorax. Sur
l’inspiration, on ouvre la concavité à gauche et on modèle la gibbosité sur
l’expiration.
La respiration est
couplée à l’étirement des pectoraux de façon à ouvrir l’angle acromio-costal.
Min MEHTA a mis au
point un mouvement de rééducation qui s'appelle le Shift.
Il s’agit d’un
mouvement de translation et d'extension répété toutes les heures.
Statistiquement, on modifie de façon significative l’évolution linéaire à l’âge
adulte de ces scolioses.
LES CONSEILS
On insiste sur :
·
L’ajustement podal des déséquilibres avec compensation frontale de
5 mm si l’on rééquilibre en même temps le bassin et l’axe occipital. Dans le
plan sagittal, on peut utiliser de petits talons de 3 à 5 cm pour diminuer une
cyphose lombaire.
·
L’hygiène alimentaire vise à limiter la surcharge pondérale.
·
L’hygiène posturale concerne essentiellement le poste de travail.
·
La pratique régulière d’une activité physique au grand air est
indispensable.
LES DIFFICULTES
Une mobilisation
trop importante des structures passives risque d’entraîner une reprise
d’évolutivité de la scoliose, il faut donc éviter les assouplissements en
position extrême et réaliser les étirements dans le sens axial et dans la
position la plus proche de celle de l’immobilisation orthopédique.
La respiration
thoracique haute est moins économique que la respiration abdominale habituelle
et il faut insister sur l’amélioration de la capacité vitale. S’agissant
habituellement de scolioses lombaires, les risques d’accentuation de la scoliose
lors de l’inspiration sont faibles, on évitera cependant l’essoufflement.
Toujours dans le
cas des scolioses lombaires, le plâtre court est asymétrique, mais dans le sens
de la rééquilibration du rachis, il faudra cependant toujours veiller à
l’équilibre de la ceinture scapulaire.
4.
RESULTATS
Nous avons
sélectionné à postériori, mais de façon exhaustive 33 patients, 30 femmes et 3
hommes tous traités à la Clinique du Parc de Lyon et pour lesquels nous
disposons d’un recul supérieur à 5 ans. (Tableau I)
Les critères
d’étude sont :
-
L’angulation Cobb de la scoliose
- L’axe
occipital pour la gîte frontale (en mm)
- La flèche
en T1 pour la projection antérieure du tronc (en mm)
- La
gibbosité (en mm)
Les
conclusions lors du dernier contrôle.
|
Nom |
Age début
TT |
recul |
Ang init |
Ang fin |
AO init |
AO fin |
T1 init |
T1 fin |
Gibb init |
Gib fin |
Commentaires dernier contrôle |
|
ALT Michelle |
68 |
5 |
13 |
3 |
0 |
30 |
40 |
40 |
15 |
15 |
Ne supporte pas les anti-inflammatoires |
|
ANG Marie Claude |
63 |
7 |
45 |
40 |
60 |
25 |
80 |
70 |
30 |
15 |
Orthèse portée le matin - va bien |
|
APP Gabrielle |
33 |
5 |
20 |
23 |
0 |
0 |
40 |
30 |
28 |
7 |
4 grossesses - va bien |
|
BAD Raymonde |
77 |
5 |
45 |
42 |
50 |
40 |
300 |
250 |
40 |
15 |
Corset porté en permanence - va bien |
|
BER Eliane |
75 |
5 |
16 |
22 |
40 |
30 |
30 |
40 |
7 |
10 |
Corset porté 2 heures par jour - va bien |
|
BIR Evelyne |
40 |
6 |
10 |
3 |
0 |
10 |
40 |
40 |
10 |
3 |
Travaille avec le corset - sport : marche et natation |
|
BLA Nicole |
49 |
5 |
21 |
13 |
60 |
40 |
80 |
70 |
12 |
0 |
Corset porté toute la journée |
|
BRE Laurence |
43 |
6 |
63 |
52 |
30 |
40 |
40 |
35 |
40 |
20 |
Corset porté à la demande, quelques douleurs en fin de journée |
|
CAN Marguerite |
66 |
5 |
33 |
20 |
20 |
6 |
30 |
20 |
10 |
15 |
Corset porté à la demande - se sent bien avec |
|
CHA Emilienne |
63 |
6 |
35 |
38 |
0 |
0 |
80 |
80 |
30 |
15 |
Corset porté toute la journée marche moins : coxarthrose |
|
DER Marie Elisabeth |
51 |
5 |
28 |
23 |
30 |
20 |
30 |
30 |
10 |
3 |
Va mieux, soulagée par inversion vertébrale |
|
DUP Gilbert (M) |
46 |
5 |
21 |
18 |
0 |
10 |
50 |
40 |
10 |
12 |
En complément d'une chirurgie canal lombaire étroit |
|
DUP Jocelyne |
64 |
7 |
62 |
55 |
0 |
0 |
30 |
20 |
25 |
25 |
Corset porté en moyenne 4h / jour |
|
FAY Elise |
60 |
5 |
25 |
20 |
20 |
30 |
40 |
35 |
10 |
5 |
Disparition de la sciatique, le corset n'est plus porté |
|
GIR Yvette |
63 |
8 |
43 |
50 |
0 |
0 |
60 |
50 |
20 |
35 |
Réfection orthèse - amaigrissement thyroïde |
|
JAC Claude |
66 |
7 |
47 |
40 |
0 |
0 |
35 |
30 |
20 |
12 |
Port quotidien |
|
JOU Emma |
67 |
5 |
48 |
67 |
30 |
0 |
50 |
35 |
20 |
20 |
Port 6h/jour, ne peut pas se redresser sans corset |
|
KOH Charlotte |
64 |
8 |
44 |
48 |
60 |
0 |
180 |
150 |
35 |
30 |
Orthèse portée jour et nuit |
|
MAR muriel |
47 |
6 |
25 |
17 |
0 |
0 |
20 |
25 |
20 |
3 |
Disparition totale des douleurs, fait de la natation |
|
MOI Marie Thérèse |
63 |
5 |
15 |
8 |
40 |
0 |
60 |
30 |
5 |
0 |
Ne porte plus le corset va bien - arthroplastie hanche gauche |
|
MOR Jeannette |
71 |
6 |
75 |
77 |
40 |
30 |
60 |
50 |
70 |
65 |
Va bien corset porté 2h/jour |
|
MOU Maryvonne |
73 |
6 |
48 |
44 |
40 |
15 |
50 |
55 |
15 |
25 |
Va bien port en cas de douleur |
|
NEY Aline |
52 |
5 |
36 |
35 |
0 |
20 |
40 |
50 |
20 |
15 |
Fatigabilité, très gênée par l'arthrose du genou |
|
PER Eliane |
63 |
8 |
54 |
62 |
0 |
20 |
50 |
60 |
40 |
30 |
Corset porté 4 h/jour, vie active |
|
PIL Lucienne |
69 |
5 |
48 |
52 |
20 |
0 |
60 |
50 |
45 |
40 |
Corset moins porté -descente vésicale opérée |
|
RAU Marina |
51 |
6 |
54 |
47 |
30 |
0 |
40 |
40 |
25 |
15 |
Va bien - port 2h/jour |
|
REN Jacques (M) |
61 |
6 |
18 |
12 |
60 |
40 |
80 |
70 |
5 |
0 |
Va bien - ne porte plus l'orthèse |
|
ROM Louis (M) |
60 |
5 |
63 |
54 |
0 |
0 |
60 |
50 |
30 |
25 |
Corset porté toute la journée - quelques douleurs lombo-sacrées |
|
RUS Frances |
65 |
5 |
18 |
20 |
40 |
20 |
40 |
40 |
10 |
10 |
Va bien - le corset n'est plus porté |
|
THI Henriette |
68 |
5 |
30 |
32 |
20 |
0 |
90 |
90 |
40 |
35 |
Port 4h/jour - Impression d'une accentuation de la cyphose |
|
TRU Denise |
68 |
5 |
65 |
70 |
0 |
0 |
70 |
80 |
35 |
25 |
Port de l'orthèse toute la journée |
|
VES Noëlle |
48 |
6 |
17 |
8 |
0 |
0 |
35 |
20 |
5 |
5 |
Radiculalgies - reprise du traitement conservateur |
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Moyennes |
60 |
5,75 |
37,03 |
34,84 |
21,56 |
13,31 |
62,18 |
55,46 |
23,03 |
17,18 |
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Tableau 1 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Ø
Par définition tous les patients de cette série ont été soulagés ;
personne ne porte un corset sans résultat significatif. Les risques d’ «over
treatment» sont nuls, la preuve de la possibilité de soulagement a été apportée
par le corset plâtré.
Ø
Toutes les angulations de scolioses sont stabilisées sauf dans
deux cas où la progression est nette : Emma JOU (évolution de 48° à 67° en 5 ans
malgré un corset porté 6 heures par jour) et Eliane PER (évolution de 54° à 62°
en 8 ans malgré un corset porté 4 heures par jour)
Ø
Le déséquilibre frontal de l’axe occipital a été amélioré dans
tous les cas.
Ø
La projection du tronc en avant est stable ou améliorée dans tous
les cas.
Ø
La gibbosité est également améliorée même dans les deux cas où
l’angulation progresse, ce qui confirme l’excellent modelage réalisé par
l’orthèse.
1.
DISCUSSION
1.1 Age au
moment du traitement
Contrairement aux
instabilités lombaires sans scoliose qui surviennent entre 35 et 45 ans, les
traitements ont été réalisés en moyenne à 60 ans.
1.2
Déconditionnement musculaire
C’est une critique
fréquente des corsets. En fait, le traitement orthopédique conservateur ne
souffre pas l’approximation. C’est un travail d’équipe, il intègre une
kinésithérapie spécifique, la poursuite d’une activité normale et la pratique
d’une activité physique régulière.
1.3
Soulagement des douleurs
Le traitement
orthopédique conservateur est superposable à celui que nous réalisons pour les
instabilités lombaires douloureuses, il est donc logique qu’il fonctionne dans
le cas des scolioses primitives décompensées et des scolioses dégénératives
1.4
Amélioration esthétique
Elle est logique,
le corset orthopédique est le meilleur moyen de remodeler un thorax. Le résultat
se maintient 5 ans après le début du traitement.
1.5
Complémentarité avec la chirurgie
Le traitement
orthopédique conservateur ne doit pas être une alternative à la chirurgie. La
logique impose une progression dans le traitement : surveillance,
kinésithérapique, médicamenteux, orthopédique conservateur, chirurgical. Les
bonnes indications chirurgicales concernent les scolioses dégénératives non
soulagées par le plâtre, ou soulagées par le plâtre, mais insuffisamment par le
corset et surtout le rétrécissement canalaire. Il peut également être utilisé en
complément de la chirurgie.
2.
CONCLUSION
Le traitement
orthopédique conservateur des scolioses dégénératives qu’elles soient primitives
décompensées ou de novo est bien toléré et mériterait d’être proposé en première
intention avant une chirurgie difficile. Le plus important dans la scoliose
dégénérative est ce que l’on ne voit pas sur la radiographie, c'est-à-dire les
structures musculo-ligamentaires paravertébrales et le disque intervertébral.
L’évolution rapide et souvent imprévisible avec douleur et déséquilibre postural
de l’axe du rachis justifie une surveillance régulière de toutes les scolioses à
l’âge adulte au moins une fois tous les 5 ans. Lorsqu’il est bien toléré le
traitement orthopédique conservateur donne de bons résultats sur la douleur et
sur l’aspect esthétique avec rééquilibration axiale et modelage de la gibbosité.
BIBLIOGRAPHIE
[1] DUVAL-BEAUPERE G, DUBOUSSET J. - La
dislocation rotatoire progressive du rachis. Processus mécanique commun aux
cypho-scolioses évolutives génératrices de troubles neurologiques.
A propos de 16 observations. Rev.
Chir. Orthop., 1972; 58: 323-334.
[2] EDGAR MA, MEHTA MH. – Long term
follow-up of fused and unfused idiopathic scoliosis. J. Bone Jt Surg.,1988;
70-B:712-716
[3] EPSTEIN JA, EPSTEIN BS, JONES
MD. - Symptomatic lumbar scoliosis with degenerative changes in the elderly.
Spine, 1979; 4: 542-547.
[4] GRUBB SA, LIPSCOMB HJ, COONRAD
RW. - Degenerative Adult Onset Scoliosis. Spine, 1988; 13: 241-245.
[5] GRUBB S, LIPSCOMB J. -
Diagnostic Findings in Painful Adult Scoliosis. Spine, 1992; 17: 517-527.
[6] HALL JE. - Scoliosis in Adults,
Presented at the Scoliosis Research Society Meeting. Wilmington, Del., 1972.
[7] HEALEY JH, LANE JM. -
Structural scoliosis in osteoporotic women. Clin. Orthop., 1985; 195: 216-223.
[8] KOROVESSIS P, PIPEROS G,
SIDIROPOULOS P, and DIMAS A. - Adult Idiopathic Lumbar Scoliosis. A Formula for
Prediction of Progression and Review of the Literature. Spine, 1994; 19:
1926-1932.
[9] KOSTUIK JP, BENTIVOGLIO J. -
The incidence of low back pain in adult scoliosis. Spine, 1981; 6: 268-273.
[10] MANNING CW, PRIME FJ, ZORAB
PA. - Pregnancy and scoliosis. Lancet, 1967; 2: 792.
[11] NACHEMSON A. - Adult scoliosis
anf back pain. Spine, 1979; 4: 513-517.
[12] NACHEMSON A, BJURE J. - The
future for the patient with non treated scoliosis. Symposium Nijmegen. Georg
Thieme Verlag; Stuttgart 1972.
[13] PERENNOU D, MARCELLI C,
HERISSON C, SIMON L. - Adult Lumbar Scoliosis Epidemiologic Aspects in a
Low-Back Pain Population. Spine, 1994; 19: 123-128.
[14] PRITCHETT JW, Bortel DT. -
Degenerative Symptomatic Lumbar Scoliosis. Spine, 1993; 18: 700-703.
[15] ROBIN G, SPAN Y, STEINBERG R,
MAKIN M, MENCZEL J. – Scoliosis in the Ederly. A follow-up study. Spine,
1982;7:355-359
[16] THEVENON A, POLLEZ B,
CANTEGRIT F, TISON MUCHERY F, MARCHANDISE X, DUQUESNOY B.- Relationship between
kyphosis, scoliosis, and osteoporosis in the elderly population. Spine, 1987;
12: 744-745.
[17] TRAMMEL TR, SCHROEDER RD, REED
DB. – Rotatory olisthesis in idiopathic scoliosis. Spine, 1988; 13:1378-1382
[18] VANDERPOOL D, WYNNE-DAVIES R.
- Scoliosis in the Elderly. J. Bone Jt. Surg., 1969; 51-A: 446-455.
[19] VELIS KP, HEALEY JH, SCHNEIDER
R. - Osteoporosis in unstable adult scoliosis. Clin. Orthop., 1988; 237:
132-141.
[20] WEINSTEIN SL, ZAVALA DC,
PONSETI IV. – Long term follow-up and prognosis in untreated patients. J. Bone
Jt. Surg.,1981; 63-A: 702-712
[21] WYNNE-DAVIES R, VANDERPOOL DW,
JAMES JIP. - Scoliosis in the elderly. J. Bone jt. Surg., 1969; 51-A: 446-455.
-
Les scolioses sont-elles toujours évolutives à l'âge adulte ?
Non. La plupart des scolioses restent stables. L'évolutivité dépend
de la résistance osseuse et du disque intervertébral. L'évolution osseuse est
linéaire et évaluée par une radiographie systématique tous les 5
ans. L'évolution au niveau du disque est la dislocation rotatoire et
est de type chaotique.

Cette patiente présente à 64 ans une scoliose thoraco-lombaire de 94°.
Elle a été traitée orthopédiquement durant l'adolescence. L'angulation en
fin de traitement était de 93°. La scoliose est restée parfaitement stable
sans chirurgie durant 50 ans.
La grossesse ne modifie pas l'évolutivité de la scoliose.
La douleur n'est pas corrélée à l'évolutivité.
-
Quand faut-il envisager la chirurgie ?
La douleur n'est pas un critère, l'intervention ne supprime pas
automatiquement les douleurs vertébrales, celles ci sont souvent d'origine
musculaire. Les 2 critères majeurs sont :
le déséquilibre de l'axe occipital
une aggravation angulaire de plus de 2°
par an.
Parfois, un traitement orthopédique conservateur insuffisant.
-
Qu'est ce que la dislocation rotatoire ?
La
scoliose évolue dans un plan oblique, mais la colonne se fléchit dans un plan
strictement sagittal. Pour les courbures lombaires et thoraco-lombaires, la
rotation au niveau de la vertèbre sommet réalise un mouvement de torsion lors
de la flexion antérieure du tronc avec dislocation en cas de discopathie.
Cette complication concerne environ 2 % des scolioses. Elle justifie souvent
un traitement orthopédique conservateur, parfois la chirurgie.
Rachis et théorie du chaos (Scoliose, lombalgie) Diaporama

BILAN DU RACHIS
page
spécialisée
Auteur :
Dr Jean Claude de Mauroy (Médecine Orthopédique)
Cette page a
été mise à jour pour la dernière fois le : 27 janvier 2011
"Conflit d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflit d’intérêts
concernant les données diffusées publiées dans cette page"
(site américain Orthospine)
|