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Réalisation d'un corset
plâtré à l'occasion de la Journée des Kinésithérapeutes en 1995 à la
Clinique du Parc
durée : 19'29
format pdf vidéo (73,3 Mo)
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4 – Le rôle du corset plâtré
Indications du corset plâtré.
Avant la puberté,
on peut réaliser un corset plâtré avant la mise en place du corset de Milwaukee,
pour un angulation de 30° à 40° avec l’objectif de ne porter le corset de
Milwaukee que la nuit.
Pour une angulation
supérieure à 40°, un corset plâtré de 4 semaines est réalisé systématiquement
avant la mise en place de l’orthèse et éventuellement renouvelé à l’occasion
d’un changement de corset.
En période
pubertaire, le corset plâtré est systématique avant la réalisation du corset
lyonnais. Nous avons vu le rôle du fluage ligamentaire dans le chapitre sur
l’intégrité tensionnelle.
Avant 30°, un
plâtre pendant 4 semaines.
Entre 30° et 40° un
plâtre de 2 mois si la réductibilité en plâtre est supérieure à 50%, 2 plâtres
de 1 mois si la réductibilité est inférieure à 50%.
Après 40°, nous
réalisons systématiquement 2 corsets plâtrés de 2 mois chacun.
La
réalisation du corset plâtré
Le corset plâtré
est réalisé dans un cadre type élongation, dérotation, inflexion latérale de
Cotrel.
La composante
d’élongation est faible, environ 10 kg, suffisante pour décomprimer les disques
et faciliter le bending correcteur. Ce n’est que lorsque l’angulation de la
courbure dépasse les 40°, que l’on augmentera la composante d’élongation.
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Figure 1 Mise en place des bandes - feutrage |
Figure 2 Attelle de 30 cm de large |
L’inflexion
latérale de type bending correcteur est réalisée par les bandes latérales dans
un souci d’équilibre global du rachis. La cyphotisation est obtenue
naturellement par la position « en hamac » de l’enfant dans le cadre.
Le thorax de l’enfant est recouvert de deux jerseys, le premier plus large de 20
cm pour faciliter la bordure, le second de 15 cm pour éviter les plis. On glisse
entre les deux jerseys des feutres biseautés de 5 mm d’épaisseur au niveau des
crêtes iliaques et latéralement, les bandes toilées réalisent une inflexion
latérale correctrice type système 3 points avec appui et deux contre-appuis pour
une courbure unique ou système 4 points pour une double courbure.
Nous ne cherchons pas de dérotation particulière, par contre nous veillons à un
bon équilibre de l’axe rachidien et des ceintures scapulaire et pelvienne.
(figure 1)
Les bandes plâtrées sont déroulées dans le sens de la dérotation. On utilise
trois bandes circulaires de 20 cm de large pour recouvrir complètement les
bandes toilées puis on place 4 attelles longitudinales de 20 à 30 cm de large
selon la morphologie de l’enfant. Trois bandes circulaires vont plaquer et
stabiliser définitivement les attelles. (figure 2)
L’enfant sèche en cadre pendant quelques minutes, puis est verticalisé et l’on
réalise immédiatement les découpes en position debout. En général, deux fenêtres
postérieures au niveau des concavités, et en avant une fenêtre thoracique au
niveau de la poitrine et une fenêtre triangulaire abdominale.
Au niveau du bassin, on dégage largement les plis inguinaux pour permettre une
position assise à l’école. (figure 3) Au niveau de la ceinture scapulaire, on
peut légèrement abaisser la découpe du côté de la convexité thoracique ce qui
facilite l’utilisation du membre supérieur droit, notamment en rétropulsion pour
l’hygiène corporelle. (figure 4)
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Figure 3 Découpe au niveau du pli inguinal |
Figure 4 Soins de peau sous plâtre |
Pourquoi réaliser un corset plâtré
réducteur ?
Le corset plâtré réducteur de scoliose a été réalisé pour la première fois en
1877 par Sayre à New York en position debout.
Il a été par la suite repris dans tous les protocoles jusqu’à ces dernières
années, où les progrès de la chirurgie ont rendu moins impératif la rigueur du
traitement orthopédique conservateur.
Pour notre part nous continuons dans la majorité des cas à réaliser un corset
plâtré réducteur avant la mise en place de l’orthèse.
Les raisons en sont les suivantes :
1 – Le plâtre constitue une préparation cutanée et l’on améliore la tolérance de
l’orthèse à sa mise en place.
2 – Le plâtre permet toujours une meilleure réduction que l’orthèse, et c’est
lorsque l’enfant est souple en début de traitement qu’il faut réduire au
maximum. Il est beaucoup plus difficile de réduire progressivement sous une
orthèse.
3 – La réductibilité sous plâtre est l’un des rares critères de réussite globale
du traitement orthopédique et pour les angulations limites nous discutons la
chirurgie lorsque la réductibilité est inférieure à 50% sous plâtre.
4 – Le corset plâtré permet d’obtenir un fluage des structures musculo-ligamentaires
de la concavité scoliotique dans la mesure où cet étirement s’effectue de façon
continue pendant plus de trois semaines, comme cela avait été prouvé
expérimentalement par Tardieu sur le tendon d’Achille des IMC. Le simple fait
de retirer le corset même une heure par jour pour la toilette maintient les
ligaments au niveau de l’élasticité.
5 – Psychologiquement le corset plâtré ne peut être enlevé par l’enfant, ce qui
évite tout conflit avec les parents en phase d’adolescence.
Le corset amovible sera par la suite perçu comme une progression positive du
traitement et dans notre expérience la compliance est excellente.
Auteur :
Dr Jean Claude de Mauroy (Médecine Orthopédique)
Cette page a
été mise à jour pour la dernière fois le : 27 janvier 2011
"Conflit d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflit d’intérêts
concernant les données diffusées publiées dans cette page"
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