Centre Européen de la Colonne Vertébrale

Clinique du Parc - Lyon (France)    Rééducation

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Le kinésithérapeute peut être amené à intervenir dans diverses circonstances en fonction de l’évolutivité de la scoliose et des douleurs.

  • Lorsque la scoliose n’est pas évolutive, il faudra faire la différence entre :

-          La souffrance : la gibbosité n’est plus acceptée psychologiquement, le « regard des autres » perturbe ; la demande est essentiellement esthétique.

-          La douleur : précise, mécanique, anatomique, souvent imagée. Parfois elle sera diffuse, sans lien évident avec la scoliose.

 

  • Lorsque la scoliose est évolutive, il faudra faire la différence entre :

-          Une évolution linéaire lente, parfois douloureuse.

-          Une évolution rapide chaotique, le rachis n’a pas le temps de s’adapter : c’est la dislocation rotatoire.

 

Ce sont donc 4 tableaux simples qui vont servir de cadre à la rééducation.

Le concept biomécanique d’intégrité de tension « tensegrity » permet d’affiner les protocoles rééducatifs.

 

  •  1 – Scoliose « souffrance »

Le rôle du kinésithérapeute n’est certes pas de faire une psychothérapie. Il peut néanmoins aider le patient :

-          En lui réapprenant à marcher, à se tenir droit en utilisant les techniques du mannequin, et les techniques théâtrales. L’apprentissage du shift transforme la marche des scolioses thoraco-lombaires.

-          En lui conseillant de réaliser des vêtements adaptés, faits sur mesure.

-          En lui indiquant quelques exercices de body building qui peuvent masquer bien des déformations thoraciques.

-          En lui fournissant les adresses des Associations de scoliotiques et des forums internet.

 

  •  2 – Scoliose douloureuse

Stuart Weinstein a montré que la douleur et les troubles respiratoires surviennent pour des scolioses idiopathiques de plus de 80°. Toutefois, compte tenu de la fréquence des rachialgies dans la population générale, de nombreuses scolioses pourront être douloureuses avant d’atteindre cette angulation. La kinésithérapie devra tenir compte de la scoliose.

Les douleurs mécaniques ont été bien étudiées par Bernard Biot. On peut isoler les douleurs apicales dans la zone de rigidité de la courbure et les douleurs des extrémités dans la zone d’hyper mobilité de la courbure et notamment dans la zone transitionnelle thoraco-lombaire en cas de courbure double majeure :

-          Pour les douleurs apicales convexes, ce sont les haubans sous tension qui sont le plus souvent responsables. On insistera sur le traitement local (massages, physiothérapie) et le renforcement de la musculature en extension. Pour réajuster les haubans, on conseillera la natation.

-          Pour les douleurs apicales concaves, c’est le corps vertébral en compression qui est le plus souvent responsable. On insistera sur la diminution mécanique des contraintes avec rééquilibrage de la ligne de gravité en position debout et assise. Pour renforcer la structure de l’os, on conseillera une activité sportive à fort impact (jogging, aérobic…)

-          Pour les douleurs des extrémités, c’est un défaut de tension des cordages qui est à l’origine de la douleur. Elles nécessiteront souvent l’aide d’un corset enraidissant. En kinésithérapie, on cherchera à éviter les positions en amplitude extrême du rachis. Les Dérangements Intervertébraux mineurs (DIM) sont fréquents et seront traités par manipulation vertébrale. La charnière thoraco-lombaire représente un cas particulier du fait du risque de cyphose jonctionnelle. La kinésithérapie sera effectuée en lordose.

 

Les douleurs diffuses avec souvent prédominance cervico-scapulaire sont souvent liées à un défaut d’oxygénation de la plaque neuromusculaire. On notera cliniquement une contracture de la musculature paravertébrale et l’on insistera sur l’hygiène musculaire :

-          Boire au moins 2 litres par jour,

-          Pratique d’une activité sportive en métabolisme aérobie avec « transpiration » mais sans forcer, pour favoriser la microcirculation sans provoquer de tétanie.

-          Bains chauds pendant 15 minutes pour soulager les douleurs.

-          La rééducation classique dérivée des techniques de musculation en anoxie est à éviter.

L’ existence de fibromyalgies peut justifier un traitement spécifique si elles sont localisées.

 

  •  3 – Scoliose à évolutive lente

Il s’agit le plus souvent de scolioses thoraciques ou thoraco-lombaires. Cette évolution a été étudiée par Jean Claude de Mauroy. Elle peut être affine à pente constante ou affine par parties avec points non dérivables.

-          Pour les évolution affines à pente constante, la kinésithérapie est à long terme. Il faut agir sur les 24 heures du dos et contrôler la posture dans tous les actes de la vie quotidienne pour diminuer durablement les contraintes sur l’axe vertébral. Il faut enseigner au patient des exercices gymniques quotidiens. Il faut l’inciter à pratiquer une activité sportive régulière. Dès que l’angulation approche les 80°, les exercices respiratoires sont essentiels avec par exemple gonflement d’un ballon de baudruche tous les soirs.

-          Pour les évolutions affines par parties avec points non dérivables, il faut essayer de déterminer, ce qui a pu déterminer la reprise évolutive : ménopause, ostéoporose, arrêt du sport, changement d’activité professionnelle… La rééducation sera alors adaptée en fonction de l’origine de la reprise évolutive.

 

  •  4 – Scoliose chaotique

Il s’agit le plus souvent d’une faillite discale pour des courbures lombaires basses. La kinésithérapie interviendra le plus souvent dans le cadre d’un Traitement Orthopédique Conservateur.

-          Déchargement des contraintes mécaniques sur le rachis disloqué,

-          Eviter toute flexion du rachis en avant,

-          Contrôler la position assise : la chaise est le plus près possible du plan de travail, pieds en arrière, fesses en avant de l’assise, flexion du tronc de 10° vers l’avant de telle sorte que le thorax touche le rebord antérieur du plan de travail. Les avant-bras sont sur le plan de travail, coudes à 90°

-          Réajustement des haubans en cas de déséquilibre.

-          Athlétisation de la musculature : extension en procubitus.

Le sport spécifique est la natation ou aquagym qui évite toute hyperpression au niveau du disque.



Auteur : Pr Gioacchino Ferracane (Kinésithérapeute, Palerme)

Cette page a été mise à jour pour la dernière fois le : 27 janvier 2011

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