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Biomécanique du rachis (238 diapositives)
Exposé réalisé dans le cadre de l'enseignement du Génie Biomédical le 29 janvier
2008
- Rappel de la verticalisation
du rachis et la marche de l'homo sapiens
- Nouvelle biomécanique non linéaire du rachis : l'intégrité Tensionnelle
- Biomécanique de la scoliose et théorie du chaos - Biomécanique de la
cyphose et morphotypologie sagittale du rachis - Biomécanique du
spondylolisthésis |
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Biomécanique de l'articulation sacro-iliaque. Exposé
réalisé dans le cadre de la formation du GEOPS le 20 janvier 2007 |
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Biomécanique du rachis scoliotique selon le concept
d'intégrité de tension Jean Claude de Mauroy
Diaporama Powerpoint commenté (son MP3)
durée : 13' format Richmedia
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1 - Biomécanique du rachis et bipédie
Les principales déformations du rachis telles que scoliose, cyphose,
spondylolisthésis sont des conséquences de la verticalité du rachis et de la
bipédie.
Il existe cependant des scolioses chez le poisson, mais il s'agit de carence
en acide ascorbique ou des scolioses dans un contexte de neurofibromatose.

Le monde végétal peut également présenter un aspect scoliotique comme ces pins
de la forêt russe de Kurshskaia Kosà. Les pins sont habituellement les arbres
les plus droits de la nature sauf lorsqu'ils ont poussés à proximité d'un centre
d'expérimentation lors de la dernière guerre mondiale en faisant des Organismes
Génétiquement Modifiés.
Le déplacement des vertébrés est devenu progressivement tridimensionnel.

La baleine et le dauphin se déplacent dans un plan sagittal.

Le requin se déplace dans un plan horizontal, ce qui lui permet d'approcher
des plages
Le triton qui va s'aventurer sur la terre ferme est sans doute le premier qui
amorce une marche tridimensionnelle. L'imagerie populaire en fait le "roi
triton" repris par Walt Disney.


Le premier bipède est un reptile, il s'appelle Eudibamus Cursoris, il mesure
26 cm et peut parcourir 24 Km/heure. Il vivait il y a 300 millions d'années.

Il y a 6 millions d'années Orrorin présente un fémur qui a toutes les
caractéristiques de la bipédie.
L'homme de Néandertal qui a disparu il y a environ 40 000 ans
avait des corticales très épaisses (à gauche). Il disposait donc de moins de
moëlle rouge et donc de sang que l'homo sapiens (à droite).
Se déplaçant plus difficilement que le sapiens, on peut comprendre que
l'espèce ait disparue.

L'empreinte bipède la plus ancienne a été retrouvée dans les cendres
du volcan de Laetoli en Tanzanie par Marie Laekey. Elle date d'il y a 4 millions
d'années. Cette empreinte se différentie de celle des grands singes par le
rapprochement du premier rayon et la constitution de deux voûtes, l'une médiane
longitudinale, l'autre transversale antérieure.
Au niveau du tibia, la tubérosité tibiale antérieure se développe traduisant
le renforcement du quadriceps et la stabilité du genou en extension. Les membres
inférieurs s'allongent de 30 % pour élever le Centre de gravité en regard de S2.
Le bassin constitue un compromis entre les nécessités de la reproduction et de
la bipédie. Le développement du cerveau de l'homo sapiens va nécessiter un
écartement des têtes fémorales par rapport à la ligne de gravité.
Pauwels avait décrit dans le plan frontal les conséquences de cet
éloignement pour maintenir le bassin horizontal en appui unipodal avec nécessité
d'une contraction du moyen fessier qui augmente les pressions sur la tête
fémorale. Cette balance de Pauwels, bien qu'inexacte, permet de mieux comprendre
la survenue de la coxarthrose.
Le développement des grands fessiers permet la
stabilisation du bassin en antéversion, ce qui assure une meilleure couverture
des têtes fémorales et crée la lordose lombaire. Chez le grand singe, le bassin
est vertical et le rachis présente une courbure cyphotique unique.

Chez l'homo sapiens, le rachis présente 3 courbures : la cyphose
thoracique, la lordose lombaire et la lordose cervicale, l'ensemble maintenant
le regard horizontal. Même si la loi d'Euler ne s'applique par parfaitement, ces
3 courbures augmentant la résistance globale du rachis.
(La résistance d'un flexible est égale au carré du nombre de courbures
plus 1 soit R = n² + 1)
Les muscles ilio-costaux vont déplacer leur insertion sur la crête
iliaque permettant une véritable dissociation du tronc par rapport au bassin et
donc une marche tridimensionnelle.

Une modification de la tension des fascias superficiels permet au rachis de
tenir debout vertical sans contraction musculaire.
Cette caractéristique permet de modéliser la colonne vertébrale de façon
non-linéaire, en utilisant les lois de la "tensegrity" c'est à dire de
l'intégrité de tension décrite en 1920 par l'architecte
Buckminster Fuller.
En effet, les lois Newtoniennes ne permettent pas de comprendre la résistance
des petits os du pied, ou celle des corps vertébraux lorsque le grand père se
penche en avant pour soulever son petit fils.
L’intégrité
tensionnelle est la propriété des objets dont les composants usent tension et
compression de telle sorte que la force et la résistance dépassent la somme de
celles de leurs composants. Ainsi les os et les structures musculo-ligamentaires
agissent en unisson pour se renforcer.
La
tension est continue, la compression est discontinue. Le muscle et les ligaments
provoquent sur l’os une tension continue, l’os résiste par une poussée
discontinue. lLorsque ce système est équilibré, la force est maximale.
Le rachis comme la Needle Tower de Kenneth Snelson est de type intégrité de
tension. La stabilité est maximale avec un minimum de matériau.
Les
caractéristiques d'un système à intégrité de tension sont :
- Structure rigide en compression discontinue et flexible en tension continue
- Faible énergie consommée
- La charge appliquée est distribuée dans toute la structure
L'ensemble peut ainsi défier les lois de la gravité et explique la stabilité du
rachis lors de la pratique de la gymnastique par exemple.
Ce sont les tissus mous autour du rachis qui, sous une tension appropriée,
maintiennent et peuvent soulever l’ensemble du rachis.
Le rachis n’est plus une colonne avec un empilement de vertèbres, mais une
structure à intégrité de tension. Nous voyons à droite la constitution d'une
scoliose au cours d'une mise en tension du tenseur du fascia lata.
Les ligaments paravertébraux sont sous tension continue lorsque le rachis est
au repos.
La longueur des muscles paravertébraux au repos est telle qu’ils sont en
permanence sous tension.
Les vertèbres et les disques sont en compression discontinue.
Ce concept est intégré dans de nombreuses techniques de rééducation, comme
celles de Rolf et d'Alexander.
Le corset plâtré réalisé systématiquement permet un véritable réajustement
tensionnel par le fluage des structures musculo-ligamentaires. La tension
correctrice est continue pendant plus de 4 semaines.
Le corset correcteur d'une déformation rachidienne rigide, exerce une pression
discontinue (qui disparait lorsque l'enfant bouge et corrige son attitude
vicieuse).
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